1 / 2 << pages précédentes
Il y a les jours
il y a les jours où
l'on ne sait plus
si l'on a mal ou froid
au coeur ou à la tête
s’il faut rire aux éclats
sangloter à tue-tête
s’il faut vivre debout
couché ou à genoux
il y a les jours où
l'on ne sait pas
s’il faut rester ici
ou demeurer là-bas
s’il est bientôt midi
ou bien minuit déjà
il y a ces jours las
portés à bout de bras
qui on ne sait comment
vous mènent au printemps
où tout ne fait plus qu’un
les roses le mimosa
et l'être et le néant
ont un même parfum
et vient le jour où
l’oiseau-lyre sans tapage
te hisse sur un nuage...
et tu t’en vas.
Hay de esos días
hay de esos días en
que no se sabe
si tenemos mal o frío
el corazón o la cabeza
si hay que reir a carcajadas
sollozar hasta desgañitarse
si hay que vivir de pie
acostado o de rodillas
hay de esos días en
que no se sabe
si hay que quedarse aquí
o demorarse allá
si es casi mediodía
o medianoche ya
hay de esos días extenuados
cargados con agobio
que no se sabe cómo
nos llevan a la primavera
en donde todo es uno
las rosas la sensitiva
y el ser y la nada
tienen idéntico perfume
y llega el día en
que el pájaro-lira sin un ruido
te alza en una nube...
y tú te vas.
Simone SOW
extraits de ULTRAMARINE Cinq Poètes de France
Il suffit que la nuit donne la parole
Il suffit que la nuit donne la parole à ta lumière pour que j’apprenne tout l’alphabet du genre humain.
Il suffit que la nuit transforme le piège de ta doucine pour que je plonge sous les grands fonds d’une calebasse musicienne.
Il suffit que la nuit mette le feu à tes paupières pour que je croie à l’incendie des villes-lumière.
Il suffit que la nuit dédicace ton sang tamoul pour que mes mots célèbrent la cérémonie de L’Inde et les offrandes à tête coupée.
Je voudrais que la nuit tienne sa flamme dans la prière de nos mains. Que nous soyons ses enfants reconnus légalement. Que nous soyons son huile et sa lueur, sa vendange et son labour, sa mesure et sa démesure.
Il suffit que la nuit nous prenne dans son chalut pour que la mer nous couvre de louange.
Il suffit que la nuit remplisse ton mystère pour que je sauve l’invisible.
Il suffit de ta nuit blottie au fond de moi pour que l’amour désarme sa solitude.
Basta que la noche conceda la palabra...
Basta que la noche conceda la palabra a tu luz para que yo aprenda todo el alfabeto del género humano.
Basta que la noche transforme la celada de tu dulzura para que yo me suma en las profundidades de una calabaza música.
Basta que la noche prenda fuego a tus párpados para que yo crea en el incendio de las ciudades-luz.
Basta que la noche consagre tu sangre tamil para que mis palabras celebren la ceremonia de la India y las ofrendas decapitadas.
Quisiera que la noche mantenga su llama en la oración de nuestras manos. Que seamos sus hijos reconocidos legalmente. Que seamos su aceite y su fulgor, su vendimia y su labranza, su medida y desmedida.
Basta que la noche nos atrape en sus redes para que el mar nos cubra de alabanzas.
Basta que la noche ocupe tu misterio para que yo preserve lo invisible.
Basta tu noche acurrucada al fondo mío para que desarme el amor su soledad.
Ernest PEPIN
extraits de ULTRAMARINE Cinq Poètes de France
1 / 2 << pages précédentes
|